| Julien's profileLes confidences d'un Can...PhotosBlogLists | Help |
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April 01 Entendre le vent battre les champsIl écoutait le vent battre les champs. Il se couchait dehors pour sentir la fraîcheur sur ses joues et ses cheveux remuer. Pour que la force de ce souffle lui change les idées. Il buvait aussi ce vin pour garder au chaud sa cage thoracique, pour éloigner les peurs qui le guettent, comme la bête rôdant au bout du champ à la nuit tombée. Sa poitrine se gonflait de courage à chaque pas plus lourd et terrestre. Il gravissait les montagnes : car il en avait la jeunesse (la forme physique) et au sommet en récoltait la sagesse (méditative du paysage). Il lavait son visage tous les matins avec de l’eau froide des glaciers de la montagne. Soigneusement, il nettoyait ses mains, mais n’en écrivait pas de meilleurs vers pour autant.
Le vent soufflait. Le vent battait les champs.
Lui, il enlignait le défi droit dans les yeux. Le soir à la brunante, il s’échappait, car ce qu’il aimait le plus par dessus le marché, c’était d’écouter le vent battre les champs. Le vent qui savait murmurer son nom et celui du printemps. Les champs battus, il écoutait aussi la pluie agiter son fin récit, mais préférait de loin écouter le vent battre les champs. Sa légèreté, son combat inutile de brise contre les blés, les herbes et les plaines venteuses. Toujours, il perdait le combat. Et le vent battait de plus en plus fort d’audibles paroles de la mémoire.
On entend aujourd’hui encore le vent battre les champs.
Et le vent de dire : « Je suis revenu ! » |
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