Julien's profileLes confidences d'un Can...PhotosBlogLists Tools Help

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    February 22

    Insula pe Lacul Fundeni

    Toujours dans ma recherche d’isles romanes, je décide de visiter une isle bucarestoise. C’est en ligne droite avec l’appartement de Mădălina. Je prends l’avenue Grigorescu et je monte au Nord. Jusqu’à ce que le boulevard fasse cul-de-sac. Ensuite, il y a un marché. Je le contourne. Et là, je descends la petite côte. En bas, le parc Ostrov.
    On y voit un lac dont l’eau est brune, stagnante. Puis, cette isle habitée. En fait, c’est une presqu’île.
    Il fait 11˚C. Le ciel est bleu. Ensoleillé.
    L’isle est fait en long. Comment se nomme-t-elle ? Je l’ignore et aucune carte en fait mention. Selon Valentina, elle se nommerait Ostrov, à l’instar du Parc à l’entrée de l’isle; ce qui est impossible puisque Ostrov signifie «île» en russe. Le pont ne peut s’appeler bridge.
    Le lac se nomme Fundeni. Donc je nommerai ces lieux : l’isle du lac Fundeni.
    Pour y accéder, on y a aménagé un pont.
    Ainsi, pour mieux fraterniser avec les lieux, je décide de suivre le pourtour de l’isle. Contraste effarant avec la ville. Bien que je suis à moins d’un kilomètre de la terrible et joyeuse Bucarest, j’en ressens un calme extraordinaire. La paix stagnante. Comme ces eaux brunes.
    Le petit chemin que je suis ressemble à une ruelle. Il n’est pas une voie officielle. Mais, n’est pas un terrain vague. Il est délimité. C’est un chemin non pavé. Boueux. Cette venelle a vue sur cours. Puis, les jeunes enfants des riverains y circulent pour regagner leur maison. Ils entrent donc chez eux par la cour.
    Or, côté droit les cours des maisons, côté gauche le rivage du lac Fundeni.
    –On sait très bien que les maisons canadiennes en bordures du fleuve étaient tournées vers ce dernier et non vers la route arrière. Ce n’est pas par stupidité anthropologique, c’est tout simplement parce que les Canadiens considéraient le fleuve comme le véritable boulevard, plutôt que le petit sentier boueux derrière leur maison.
    Sur cette isle, je constate que le lac n’occupe pas cette même fonction. Les maisons lui tournent le dos. Toutefois, des portes sont aménagées sur les clôtures des cours. Les riverains y sortent de temps à autres.
    Ainsi en est-il du vieil homme, les deux pieds dans le lac, qui lave son balai et sa chaudière. Je le regarde qui me regarde. Méfiance. Je suis un étranger. Cela est écrit sur mon visage. Mais pourquoi, marcher sur cette route presque privée, bref cette ruelle?
    La voisine du vieil homme sort avec quatre bouteilles vides de plastique en main. Rapidement, ces objets domestiques se retrouvent dans le lac.
    Le rivage est infesté de déchets domestiques. Je sens les déjections riveraines et je peux même apercevoir les conduits déverser des eaux usées dans le lac. La plage en est totalement infestée.
    Approchant un cul-de-sac, je fais demi-tour. Des enfants au loin jouent au football. Je suis étranger à ces lieux. Suspect, je sens que je dois retourner d’où je suis arrivé.  Et pour cause, le vieil homme m’observe encore avec grande méfiance. Si bien que je décide de me diriger vers lui.
    Buna ziua domnul ! Este una insula, aici?
    Question stupide et évidente qui me rend encore plus suspect.
    Bien sûr que c’est une isle!
    Cum sa numeste insula?
    Elle n’a pas de nom! Maintenant dégage, Canadien errant!
    Suspect comme un coureur de ruelle, je reviens au point de départ. Je me dis, s’il est difficile de libre circuler dans les ruelles montréalaises, combien est-il difficile d’en faire autant ici. Moi qui suis un étranger, un barbare qui bégaie. Sentant qu'on dévisage mon étrangeté, je n’ose photographier cet exotique chemin de l'esprit. S’il est difficile dans les ruelles montréalaises de photographier les islots, l’intimité des cours, vous imaginez ce que cela peut être, ici, sur cette isle bucarestoise?
    Je reviens donc sur le chemin principal de l’isle. Ici, j’y ai droit. En effet, il y a un trottoir et des vidanges. Dans la cour d’une maison qui affiche les armoiries roumaines, on entend de la musique grecque. Du bouzoukis. Je pense à Andrew. Puis ensuite, ce sont des airs de Manele gitans. Sur cette isle, les puits sont dans les cours et non pas à la disposition de tous comme dans le traditionnel village roumain.
    Des femmes discutent dans un coin. L’une d’elle se plaint que sa fille est encore malade. Puisqu’il est 3h00 de l'après-midi, plusieurs enfants reviennent des classes.
    Sur cette isle, certaines maisons sont dévastées alors que d’autres sont de resplendissant manoir. Un manque d’harmonie, un contraste baroque.
    Dans toutes les cours, on peut voir de pesantes vignes. On écoute souffler la lenteur du monde. Le rythme d'une vigne croissante, coupée de la ville. Des chiens dorment sur les toits des maisons.
    Une maison grillagée avec l’effigie roumaine et celle de l’Union Européenne. Je devine qu’il s’agit d’une résidence institutionnelle, puisque c’est la seule qui possède du vert gazon sur son terrain.
    Je déambule plus d'une heure.
    En quittant l’isle, je rencontre deux jeunes filles qui reviennent de la petite école. L’une d’elle, Valentina (Vali, pour les intimes), me demande ce que je photographie. Et moi de répondre: l’eau, les arbres et le lac !
    Percevant que je suis un étranger, elle me demande d’où je viens. Du Canada, je réponds. Fascinées qu’un Canadien puisse photographier une telle isle, elles s’entretiennent avec moi un moment. Valentina connaît l’espagnol.
    J’en profite alors pour leur demander comment se nomme l’isle.
    Hésitation. Aucun nom, sinon Ostrov...
    Un nom russe ? Je repars bredouille de toponymie.
    Je retrouve le trafic, la foule et la rue.
     
    Oui, c’était une véritable expérience d’insularité.

    Snagov

    Juillet 2005, j’avais lu l’essai Dracula de Matei Cazacu. L’auteur relatait la mort de Vlad Ţepeş. Un coup surprise dans le dos. Puis, la décapitation du prince terrible. Vainqueurs, les Turcs fêtaient leur triomphe en paradant aux quatre coins de l’Anatolie avec la tête de Dracula à la pointe d’une longue lance. On enterra le corps de Dracula dans le monastère de Snagov, situé sur une île du lac du même nom.
    Un peu moins de 500 ans plus tard, au vingtième siècle, des fouilles archéologiques ont été entreprises. On a retrouvé le tombeau de Dracula. Mais –surprise!–, il était vide lorsqu’on l’a ouvert. Dracula était-il un véritable mort vivant ? L’imaginaire continue d’en être alimenté.
    On fit alors d’autres recherches. Plus profondément enfoui, on retrouva le corps de Dracula. Il était à trois mètres de profondeur sous le tombeau. Fait étrange : le squelette était doté encore du crâne alors qu’on le savait décapité.
    Plusieurs explications possibles : soit qu'il s’agit d’une autre dépouille; soit qu’il s’agit de Dracula, qui n’aurait cependant pas été décapité comme le veut les documents historiques. Il existe une troisième explication: lorsqu'on a tué l'Empaleur, il est possible que les Turcs n'aient pris que le visage faciale et aient ainsi laissé le crâne à la dépouille. Il semblerait que les Turcs procédaient souvent ainsi.
    Bref, même mort, Dracula nourrit toujours l’imaginaire.
     
    *
     
    J’avais donc entendu parler de cette histoire et j’avais surtout envie de photographier le lac Snagov, trouvant ainsi prétexte pour échapper à la Joyeuse Bucarest.
    À la Piaţa Presei Libere, j’attends un bus (443) pour aller à Snagov. Il fait froid. Une heure plus tard, arrive enfin le bus 446. Je demande au chauffeur s’il va à Snagov. Vis-à-vis de sa réponse positive, je grimpe dans le car. Il fait si froid.
    Saftica, Boleşti, Ghermania. J’arrive à Snagov vers 12h30.
    Malgré la légende de Dracula, personne ne semble s’en faire pour ce héros national. (En Roumanie, Dracula n’a rien d’un vampire. Il est un illustre prince qui a fait campagne contre les envahisseurs turcs.) Pourquoi, se demandent les locaux, autant de touristes occidentaux viennent-ils s’abrutir dans ce monastère ou gît la dépouille de l'Empaleur, en région rurale, alors que le Monastère Căldăruşani est certes plus intéressant ? Pourquoi les touristes occidentaux confondent-ils un vampire de la littérature fantastique avec un voïvode du Moyen-Âge ?  Qui a dit que la littérature n’était que pelletage de nuages ?
    Plusieurs jeunes adolescents débarquent du car. J’en fais de même!
    Me voici à Snagov. Le lac est immense avec plusieurs bras.
    Au petit restaurant Pizza, je fais la rencontre de Jean-Luc Michel et Nicoleta Basma, directeurs d’une fabrique de bétonnières à trois kilomètres de Snagov. Le couple m’invite à leur table et s’offre même de payer mon repas. J’accepte l’offre avec gêne. Je leur informe de mon intention touristique d’aller sur l’île pour y photographier le monastère.
    La saison n’est pas bonne selon eux. Il faut louer une barque et le type qui fait la location est en vacances. Un lundi avant-midi de février. Saison touristique morte. Il faut revenir le week-end.
    Nicoleta s’offre cependant de m’accompagner et de me faire visiter (en voiture) la région, dont le monastère Căldăruşani. Ce qui somme toute est beaucoup plus agréable. L'idée me plaît. J’accepte volontiers.
    Auparavant, m’annonce le couple, il faut passer à la fabrique Betoniera Noel.
    Jean-Luc me fait visiter sa fabrique. Il en est fier. Il emploie 30 employés qui fabriquent par soudure et assemblage plus de 100 bétonnières (180 litres) par jour pour utilisation personnelle et professionnelle.
    Je remarque que tous les employés de la région viennent au travail en vélo. De ce fait, Jean-Luc a fait poser un parc pour les bicyclettes.
    Il m'informe de son désir de développer d’autres projets d’entreprises. Faire du commerce avec la Chine. Il profite du fait que la Roumanie soit un pays d’expansion pour faire fortune. Présentement, sa fabrique ne fait que dans l’exportation.
    Le pognon, il est à faire en Roumanie, hein? Tu vois, dit-il, il y a deux ans, les gens, ici, roulaient en charrette, et maintenant, ils roulent tous en Passat...
    Au bout d’une heure, Nicoleta se pointe dans notre bureau. Elle est prête à me faire visiter la région.
    Nous roulons sur des routes trouées de campagne. Nicoleta semble connaître la région par coeur. Ça, c’est la maison du frère untel ! Ça, c’est la maison de machin ! Voilà le dispensaire du médecin, le presbytère...
    Nous arrêtons devant le parvis de la biserica de Gruiu. Je photographie la troiţa, le cimetière et la petite école de village qui se situe sur le même terrain. Les icônes sur l’église son vieilles et auraient besoin d’être restaurées. Mais, comme c’est souvent le cas, le manque d’argent à priorité sur la ruine...
      
    Nicoleta m’explique que, autrefois, les villageois roumains construisaient des puits aux abords des routes, laissant ainsi l’eau à la portée des villageois, des passants, des pèlerins, et cetera. L’eau est pour tous. L’eau n’est pas propriété.
    Le long de la route, pleins de paysans avec charrettes et chevaux. Des maisons dévastées. Des poules, des coqs. Des veaux broutant. Des chats et des chiens. Des vergers. Des champs.
    Nous arrivons enfin au Monastère Căldăruşani. À 30 Kilomètres de Bucarest (par la route de Ploieşti) existe un monastère voïvodal du 18ème siècle. Il a accueilli une école de musique, de peinture et de sculpture dans laquelle le peintre Nicolae Grigorescu a étudié dans la seconde moitié du 19ème siècle.
     
    Le monastère a été construit en 1638 sous la supervision de Matei Basarab. Dans la cour du monastère, on croit reconnaître le style han. Comme le Hanul Manuc  de Bucarest. Il s’agit du style d’auberge qui était construit en Valachie au 18ème siècle; auberge qui n’est pas sans rappeler les Caravanes Sérail Turco-Mongol. D’ailleurs, on a essayé de me convaincre que le Hanul Manuc est d’origine roumaine... Je n’y ai jamais mordu. Dès mes premiers pas à Bucarest, je savais que c’était oriental, turc. Et pour cause, Manuk est un nom arménien...
    Donc, architecture de style han qui invite tous les pèlerins spirituels à faire halte et à méditer aux abords du superbe lac Căldăruşani. Je le photographie. Je sillonne un petit sentier tout près de vergers odoriférants. De resplendissants pins rappellent la nordicité du pays.
    En fin, une icône de Jean le Baptiste en train de se faire décapiter.
    Dans l’église, je rencontre un moine qui me parle en français. Il connaît les 4 églises orthodoxes roumaines de Montréal. Je n'en connais que deux! Nicoleta, qui m’a laissé visiter seul l’Église, parce qu’elle n’a pas la tête couverte, explique au moine que j’ai une amoureuse orthodoxe. Alors, le moine me demande si je vais me marier dans une église orthodoxe de Roumanie. Ouf! Moi, pauvre Canadien, 1- est-ce que je vais me marier? 2- est-ce que je vais me marier à l’orthodoxe? 3- Est-ce que je vais me marier à l’orthodoxe en Roumanie?... trop d’indiscrétions. Et je ne peux faire semblant de ne pas comprendre... Cela a été posé dans ma langue maternelle...
    Sur le chemin du retour, j’aimerais bien que l’on s’arrête pour photographier des ruines dépotoirs. Mais cela est gênant de demander à une personne de la communauté d’arrêter la voiture pour photographier le désoeuvrement, la honte. Surtout avec une personne de la communauté. Alors, je préfère utiliser le mental picture.
    De retour à la fabrique, j’attends cinq heures pour rentrer avec trois employés qui retournent directement à Bucarest. Ils me déposent à la Piaţa Presei Libere.
    February 21

    Promenades bucarestoises

    10 février 2007. Voilà un an que je n’ai pas mis le pied en Roumanie. Je me sens démuni. Je ne reconnais plus la ville que j’ai habitée (6 mois). Je me sens à nouveau étranger; sentiment que je pouvais évacuer auparavant en mettant de l’avant les impératifs professionnels du séjour : j’œuvrais pour la francophonie. Aujourd’hui mon séjour est entièrement touristique.
    Une chance que Mădălina est avec moi. Elle a de jolis yeux bruns et doux. Des yeux qui me parlent d’amour. Une chance qu’elle est là...
    On dit que le bonheur est dans les petites choses simples.
    Invitation à y goûter : 2 cuillères rasées pour 400 ml d’eau à 100˚C en 5 min.
    Nous sortons dehors. Sector 3. Périphérie de Bucarest.
    Au Parcul Ior, se trouve l’Isle du Pensionnaire. Il y a des pins, des saules pleureurs, des vinaigriers. Des colverts et des canards.
    Aménagement improvisé. Quelques enfants.
    Mădălina et moi nous demandons pourquoi le Parc Ior n’est pas mieux aménagé. Il ne faut pas cependant négligé les efforts du maire du Sector 3 pour revitaliser l’âme du quartier. Ainsi, plusieurs grillages bloquent la venue de chiens errants dans les parcs pour enfants. De plus, on a aménagé des carrés de sable, glissades et balançoires pour enfants.
    Une patinoire dont la glace –il fait 15˚C– tient miraculeusement le coup. Comme moi d’ailleurs.
    Je suis un peu fatigué.
    J’aime toujours Bucarest.
    *  
    Les parcs aussi apportaient une touche spécifique. Bucarest commença par être une ville verte, avec plus de végétation que d’espaces construits. Le parc central de la ville, appelé Cişmigiu (du turc « celui qui s’occupe des fontaines », cişmea signifiant « fontaine »), fut, sous sa première forme, aménagé, vers la moitié du dix-neuvième siècle, à l’emplacement d’un marais, par l’architecte paysagiste allemand Wilhem Meyer.
    Lucian Boia
    *
     
    Au musée du paysan. Notes en vrac sur les us et coutumes roumaines.
    40 jours après le décès d’une personne, on accroche une croix à un arbre pour son repos éternel. On lui fait du pain (en rond).
    Tous les manuscrits religieux qui ont plus de 60 ans sont écrits avec l’alphabet cyrillique.      
    La Troiţa est un lieu de prière, une sorte d’autel miniature que l’on place aux abords des routes dans les villages. Substitut de Biserica. Elle est faite de bois et couverte de branches d’écorce. Pour repousser les mauvais esprits, on met du basilique et on couvre les icônes d’un voile blanc.
    Sur un tapis, les inscriptions suivantes : Hactacia CPAXZCOYIACA
    Position spécifique des doigts sur les icônes. (Voir mes plans.) Une icône de Jean le Baptiste perdant la tête.
    Il y a une pièce avec une école de campagne. Mădălina y reconnaît un décor familier. Des comptines sont affichées sur le mur. Elle me les chante. D’autres types d’explications figurent aussi sur les murs :
    Nous ne cherchons pas à démontrer l’ancienneté, la beauté, la force et l’organisation d’une culture en voie d’extinction. En revanche, le passé nous intéresse dans la mesure où nous avons un présent et un futur. Nous voulons montrer la pauvreté de l’homme d’aujourd’hui. Sa pauvreté par rapport à ces ancêtres.
    The more you advance towards the East, the more people you will find sitting on the ground.
    Une poignée de qualités inhérentes à l’art savant, introduite dans l’univers modeste du village roumain : l’harmonie, la vivacité, le sens profond de la diversité et de la répétition. Les hommes qui ont fait ces objets étaient riches depuis bien longtemps. Leurs objets étaient vigoureux parce qu’ils harmonisaient de manière parfaite la fonction de la forme. Ils savaient bien danser la matière.
    Pourquoi Triomphe ?
    Parce que les hommes furent des vainqueurs. Leurs victoires furent nobles parce qu’ils n’en avaient pas conscience.
     
    *
     
    Mădălina et moi discutons du passé et nous nous demandons pourquoi les gens craignent le présent/futur et pourquoi ils sont si nostalgiques du passé. Pourquoi l’esprit passéiste voit-il l’homme moderne si pauvre spirituellement? Pourquoi l’homme du passé est-il plus riche que son contemporain?
    Mădălina n’est pas d’accord avec cette pensée...
    La réflexion se poursuit au sujet de la désuétude du nationalisme. Au moment où j’écris ces lignes (dehors près de l’athénée de Bucarest) je suis à quelques minutes de voir le documentaire The Corporation que j’ai déjà vu avec Mathieu et François en 2004. C’est la semaine de la mondialisation à l’Institut Français de Bucarest. À l’affiche à la salle Elvira Popescu, des films sur la mondialisation : nous irons voir aussi Mondovino. Or, s’il est un obstacle au nationalisme, c’est bien la globalisation qu’entraîne la mondialisation.
     
    *
     
    Le nationalisme des Roumains ne se manifeste guère quand il s’agit des traces palpables du passé : il sert à marquer l’identité, et à se démarquer des autres, mais non à conserver les monuments historiques. Au fur et à mesure que l’histoire avance, les Bucarestois effacent leur passé, ou ils le laissent s’effacer lui-même : signe d’une histoire instable, mais aussi d’un comportement instable.
    Lucian Boia
     
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    Je flâne en solitaire dans la joyeuse Bucarest aujourd’hui...
    Si un an plus tôt, la ville me paraissait de gris en plus noir, je la trouve aujourd’hui très colorée, animée et vivante... Si tout me paraissait morne il y a un an, aujourd’hui ma perception a changé.
    Alchimie.
    Bucarest brille par ses projets immobiliers en chantier (şantier în lucru).  Serait-ce l’effet prometteur (promoteur) de la récente adhésion à l’Union Européenne. Couleurs de février.
    Ô certes, l’aménagement de la ville est encore fortement improvisé. Mais tout semble bouger, klaxonner, au son de la drill, de la grue charroyant. Bucarest se refait une beauté. À travers ce brouhaha.
    Il y a cette architecture coquette des maisons bucarestoises, artisanales, fort remarquables des années révolues. Dans un paysage hautement improvisé. Un travail de restauration de ces trésors perdus serait hautement apprécié, voire inespéré. Maisons sont malheureusement trop souvent laissées à l’abandon.
    Qu’il est agréable de flâner et de se perdre dans ses rues loufoques et improvisées (à l’image de mes déambulations). Bucarest est une ville qui se donne à fouiner. C’est peut-être pour cela qu’il y a autant de chiens errants fouineurs.
    Ne suis-je pas, moi-même, un chien errant fouineur?
     
    Le Bucarest moderne et le Bucarest traditionnel transparaissaient à chaque pas, en une synthèse contradictoire non dénuée de charme.
    Lucian Boia
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    J’écris ces lignes dehors. Le temps le permet. Et je n’ose entrer dans un café enfumé et dépenser mon argent pour écrire ceci. On devient vite intolérant à la fumée.
     
    *
     
    Je suis allé à Cartureşti aujourd’hui. J’ai acheté la traduction roumaine de Yeni Hayat d’Orhan Pamuk ( Viaţa cea nouă ). La vie nouvelle, c’est pour Mădălina.
    Elle est devenue une femme. Une jolie femme. Elle est vraiment sympathique. Elle rit avec l’existence. Propre et soignée, elle est méticuleuse. Elle est douce et gentille.
    Je la regardais dormir. Et je me suis dit que c’est bien elle. Hier, elle m’a dit que j’étais un homme à marier.
     
    *
     
    Les Roumaines, quand elles marchent entre copines, elles se tiennent bras dessus, bras dessous. Lorsqu’un Roumain porte ou apporte une fleur, il la tient par la tige, la tête baissée vers le sol pour ne pas l’abymer.
    Y a-t-il un sentiment roumain de l’être ? (Noïca)
    Orient, religion orthodoxe, langue latine...
    Boia pensait que, en dépit de la langue, les Roumains étaient plus Slave que les Polonais, par exemple.
     
    *
     
    Biserica Ortodoxa Sfântul Nicolae Biserica Studenţilor.
     
    Construite à l’initiative de l’ambassadeur russe par la famille tsariste des romanoves. 1905-1909. But : être la chapelle de l’ambassade russe. Construite par des Russes et des Italiens.
    Selon les plans de l’architecture russe, Preobrajensky, la construction a coûté 600 000 Roubles d’or.
    Faite de briques pressées et de pierres. Elle a 7 clochés.
    Des peintures de Vassiliev.
     
    *
     
    Bucarest s’est développé contre son passé. La détérioration des palais princiers et la disparition de la Damboviţa s’inscrivent dans cette tendance. Aujourd’hui, les ensembles d’immeubles, construits pendant la période communiste, représentent trois quarts de la ville. Les Bucarestois sont devenus une espèce humaine d’appartements.
    Lucian Boia
     
    *
     
     
    14 février 2007
    Journée errante. Je me suis levé à 9h09 am pour ainsi éviter la visite quotidienne de Magda, la soeur de la coloc de Mădălina. Et bien sûr, Magda est arrivée à 9h21 am. Alors j’ai fait mon café et je lui ai dit que je partirais visiter des musées à l’improviste plutôt que d’aller à Snagov comme était mon plan initial. Une heure plus tard, je la quittai.
    Dehors, mon intention est de photographier l’usine nucléaire (ou thermique). Mais il y a trop de brouillard. Je ne peux le faire. (Cela sera fait le jour suivant).
     
    Je continue ma route jusqu’au Bucureşti Mall (Vitan) À l’intérieur du centre d’achat, un sentiment de déjà-vu. Et pour cause, je suis déjà venu ici voir des films au Multiplex. Il y a un méga marché. J’y entre. À l’intérieur, ils ont des Purcari (Cahors) vin de dessert.
    En sortant, j’achète une petite pile dans un photo shop pour mon vieil appareil photo Canon 1975.
    Je sors du mall et poursuis ma route vers Piaţa Unirii. En route, près de la Damboviţa, je vois la Bibliothèque Nationale –1989– dont le père de Dana (amie de Mădălina) a participé à l’élaboration des plans d’architecture. Un beau monument. Solide et durable. Pas comme notre nouvelle bibliothèque nationale.
     
    Hélas! C’est une coquille vide. La structure est en place. Mais le bâtiment n’est pas terminé et il semble laissé à l’abandon depuis près de 10 ans à en croire les inscriptions sur le şantier in lucru. Pourtant, la grue y est toujours. Les échafaudages, rouillées, y sont. Pourquoi avoir laissé tomber ce monument massif de pierres?
    L’actuelle bibliothèque nationale de Bucarest est située près de Lipscani et de l’Université. Que devons-nous conclure de ce projet interminé ?
    Je poursuis ma route et me fais interpeller par une miss Iaurt avec un chestionar. Holy shit ! me dis-je. Ce ne sera pas long, qu’elle me dit. Seulement 5 minutes. Ce sont toujours de longues minutes qui frisent la demi-heure avec eux.
    J’accepte mollement.
    Je goûte l’échantillon 818 et 864.
    Ouf! Un Canadien n’est-il pas tenu de ne pas remplir un questionnaire qui a pour but de tester des échantillons de yogourt pour fixer la mise en marché de nouveaux produits qui seront mangés par des Roumains dans moins d'un an? Moi, je n’y serai plus. Mais la miss Iaurt semble épuisée par cette cueillette d’information qualitative. Alors elle me demande de mentir à sa supérieure.
    Ce que j’accepte de faire, mollement. Aussi mou que la texture du futur produit mis en marché bientôt.
    Pour me remercier, elle m’offre 100 grammes de café.
    Je me rends ensuite à l’antenne régionale de l’Organisation internationale de la Francophonie. La femme de ménage, Flora, m’apprend qu’Éric Thibault est à l’hôpital. Il est malade (bolnav). Claudia Plesa, qui est maintenant l’adjointe d’Éric, m’informe que ce dernier a été happé par un trolley bus!
    Holy shit!
    Il va bien maintenant. On lui a fait une opération. On lui a arraché la rate. Il est à Spital Universită.
    Je me fixe pour objectif de me rendre à l’hôpital. Près de l’Université, je demande à deux portiers d’hôtel de m’expliquer le chemin pour aller à l’hôpital. Quand ils voient que je suis franco, ils se mettent à faire des blagues : ils comparent le président de la République française, Jacques Chirac, au dictateur communiste roumain Nicolae Ceauşescu. Je ris avec eux. Ils en sont étonnés. Pas le temps de leur expliquer que je suis Canadien français. Ils m’expliquent le chemin. Deux hôpitaux portent le même nom à Bucarest. Alors, je choisis l’hôpital des urgences sur le boulevard Stefan cel Mare.
    Je m’y dirige. Chemin faisant, je croise ironiquement un panneau de circulation sur lequel est inscrit Stop accidentelor rutiere ! Viaţa are prioritare !
    Arrivé à l’hôpital, je ne trouve pas d’indications pour rendre visite aux patients, malgré la présence d’un kiosque d’info (qui est fermé).
    Éric est-il vraiment ici ? (Ce soir, quand j’appellerai Adriana, j’apprendrai qu’Éric n’est même pas dans cet hôpital). Voyant mon entreprise futile, presque inutile, je repars. En chemin, je photographie un panneau de signalisation pour sa curiosité presque insolite : une voiture qui semble exploser ! Ce panneau serait génial à Bagdad, Irak. (Il ne faut pas en rire, Julien, mauvais garçon !)
     Là où je l’ai laissée la dernière fois, je décide d’aller chercher la Lada la plus poétique du monde. Presque deux ans plus tard, elle y est toujours. Elle est stationnée au même endroit, sous le même arbre. Elle est délavée. Corrosive. Je la photographie de nouveau. C’est bien la seule chose qui n’ait pas changé dans cette ville.

     
    Tristesse : mon photographe sur le boulevard Regina Elisabeth n’a plus boutique. Maintenant, c’est la Transilvania Banc qui a pris place. Merde! Ce type était vraiment un remarquable artisan du développement de la photo...
    Je retourne vers Piaţa Victoria par le chemin Kisselef. Arrivé au square, une manifestation syndicale de chauffeurs de Métro devant le parlement. Ma caméra les a salués! 
    Dans le métro gréviste de la station Piaţa Victoria à Gara de Nord, une enfant romanichelle joue de l’accordéon. On se croirait dans un film. Au temps des gitans.
    Ce qui n’a pas lieu dans les nouveaux wagons Bombardier qui sont policés.
    February 18

    Une isle latine dans une mer slave ?

    Constitué de prêt-à-penser, d’images toutes faites et de lieux communs, le cliché est un recours fort utile qu’utilisent les hommes pour communiquer chaque jour. C’est facile et pratique. Par économie et paresse, le cliché évite d’expliciter une pensée, de verbaliser –parler demande un déploiement physique intense– et refuse d’ouvrir le débat intellectuel.
    Une fois le cliché énoncé, que reste-il? Les clichés ont cette superbe fonction d’évacuer la réflexion.
    Il est un cliché souvent utilisé au sujet de la langue roumaine et de la Roumanie dans les Pays de l’Europe centrale et orientale (PECO) : une Isle latine dans une mer slave...
    Ce que j’aime de ce cliché, c’est sa résonance géographique.
    Depuis, deux ans je cherche à épuiser ce cliché. Moi qui suis géopoéticien, je cherche la marée slave et les isles romanes. Comme une sorte de refuge. Je cherche ces maisons paysage
    L’image de l’isle évoque le lieu isolé, circonscrit, mais aussi exotique. Un trésor. Une sorte de refuge. Ce qui implique également une limite, une frontière : la mer slave environnante.
    Analysons donc ce cliché image.
     
    Une isle sur le bout de la langue
    Sur le plan linguistique, il ne fait aucun doute de cette évidente vérité. Géographiquement, la Grande Roumanie est le seul pays de langue latine de l’Europe centrale et orientale [[ la Moldavie, pays de langue roumaine et ancienne région de la Grande Roumanie (1920-1941), historiquement la Bessarabie, est aussi un pays latin, dont la langue officielle a longtemps été celle de l’élite russo-ukrainienne. 70 % de sa population est roumaine. Le cliché semble cependant écarter la Moldavie]]. La mer slave est ainsi constituée de plusieurs minis courants serbo-croates, magyars, slovaques, ukrainiens, polonais, bulgares... Comment la langue roumaine a-t-elle pu survivre à ce naufrage et ces marées linguistiques? La réponse est peut-être à l'intérieur même du cliché : elle a trouvé une isle! La langue a campé ses assises dans cette isle-refuge. Elle s’est dotée d’un territoire linguistique qui a perduré durant les siècles.
    Cela nous amène à interroger l’aspect historique du cliché. En effet, dans l’histoire roumaine, y a-t-il eu des moments forts et constitutifs pour l’érection insulaire de la Roumanie latine?
    Il nous faut donc revenir sur un aspect du cliché : la solitude, l’isolement qu’évoque l’isle. Si la Roumanie a longtemps été une isle linguistique, cela pourrait être attribuable -je force un peu la note- à sa situation géographique qui l’aurait isolée.
     
    La situation géographique particulière lors des conquêtes turques
    On le sait, les Turcs ont éprouvé plusieurs difficultés à conquérir et à occuper efficacement les états roumains : Valachie, Transylvanie, Bessarabie. L’occupation fut périodique et non efficace. Franchir le nord du Danube par voie terrestre était toujours une entreprise laborieuse pour les troupes ottomanes en raison de la résistance et des campagnes militaires des voïvodes (Vlad Ţepeş dit Dracula, Mihai Bravu et Stefan cel Mare pour ne citer qu’eux), mais aussi aussi en raison de la situation géographique et climatique qui, parfois, voire souvent, compliquait la logistique et la tactique de conquête de petites bourgades latines isolées en hautes montagnes ou creux dans les bois. En effet, les Turcs devaient sillonner des chemins et des bois complètement enneigés pour trouver des petits villages au-delà des forêts sauvages (traduction littérale de Transilvania). Et le tribut que payaient les sujets roumains n’étaient pas aussi profitable que ce que coûtait au Sultan le déploiement des troupes et l’occupation.
    Et, il faut bien le dire, les Sultans préféraient conquérir les isles royales austro-hongroises, plus prospères à leurs yeux. L’empire ottoman se contentait que du Sud du Danube (l’actuelle isle de Bulgarie). Bref, on ne voyait pas l’intérêt de s’appauvrir et de s’acharner sur cette isle latine isolée.
    Aujourd’hui, la présence turque est encore visible en Roumanie, à Constanţa et tout le long du littoral de la mer noire... (Lieux qui étaient fort accessible par voie fluviale).
    Est-ce donc la situation géographique avantageuse qui a permis à la Roumanie de perdurer ? Peut-être en faible partie. Toutefois, aucun historien ne se risquerait d'envisager l'insularité avantageuse des états roumains au Moyen-Âge pour expliquer la laborieuse progression ottomane au Nord du Danube et les impacts que cela représente pour l’Europe moyenâgeuse et la configuration géopolitique de l’actuelle Europe.
    Je me plais seulement à imaginer l'effet qu'a put produire l'insularité de la Roumanie sur les troupes turques.
     
    La civilisation romaine... une isle en dérive
    Par ailleurs, lorsque les historiens se prononcent sur l’origine civilisationel de la Roumanie, plusieurs incertitudes planent : les Roumains sont-ils des Daces romanisés ou des migrants romains ou encore Autre. Au quatre coin de l’Isle latine, on peut apercevoir aujourd’hui une statue de Romulus et Remus mangeant à même le sein nourricier de la louve pleurant ses petits disparus. Image romaine des origines : les Roumains tiennent par le fait même à souligner leur latinité, avec l’image de ces orphelins échoués comme une épave sombrée sur cette isle.
    Sur le plan de la solitude latine, une seule image me vient en tête : la tristesse d’Ovide pleurant son exil à Tomis devant le Pont Euxin (l’actuelle Constanţa, aux abords de la Mer noire).
    Sinon, on sait combien la civilisation roumaine a subi plusieurs dérives et naufrages qui ne sont pas toujours latins... Plusieurs bouteilles lancées à la mer et attraper par une main autre.
    La Roumanie est aussi l’orthodoxie de Constantinople et de la Russie, l’orient et son esprit nomade. De plus, la civilisation roumaine ne s’est-elle pas abreuvée de cette eau slave, de cette mer nourricière?
    Une isle exotique et métisse? Hybride.
    En elle-même, la civilisation roumaine comporte un vaste archipel.
     
    La Roumanie n'est pas une isle
    Les Roumains sont-ils des Insulaires? Outre sur le plan linguistique, le cliché n'a pas d'autre résonance. L'insularité historique de la Roumanie n’est qu'une utopie, voire une atopie. Un rêve échoué d’Atlantide!
    Seul le parti communiste de Roumanie, aux yeux de l’Occident capitaliste, est venu bien près d’insulariser la Roumanie. Mais ce cas de figure m'évoque bien plus la mise en quarantaine que l'image exotique des joyeux naufragés!
    Ériger le sentiment roumain de l’être comme une isle serait sans doute une entreprise risquée, bourrée d'écueils et d'échoueries.  
    *
    J’écris ces lignes dans le Parc d’Ior, devant un petit lac sur lequel on a aménagé des Isles. L’Isle du Pensionnaire entre autres. Au moment où j'évalue le degré d'insularité de la Roumanie, on peut voir un bateau échoué.
     
     
    Si le pavillon roumain était le seul sur cette isle latine, aujourd'hui, en 2007, on y a planté un second sur son socle depuis un mois : le drapeau de l’Union Européenne.
    Mădălina en est un peu sceptique...
    Moi je dis que cela est fait par l’expression démocratique –même si 45% des Européens, en 2005, étaient contre l’adhésion de cette Isle dans leur continent!– et maintenant tout est en place pour continuer ce projet fédératif et économique.
    Cette adhésion représente un pont ou un radeau pour rejoindre le continent économique et –rêvons un peu!– la culture fondamentale (au sens de Kenneth White).
    Bucarest offre aujourd’hui plusieurs échoueries, plusieurs şantier in lucru, pour voguer en toute quiétude sur la mer continent européenne.
    Je continue donc de chercher les isles, lignes de forces. Comme ces oiseaux migrateurs qui arrêtent, d’isles en isles dans le Delta du Danube.
     
    *
     
    Pour des raisons idéologiques, l’unité a toujours été prônée en Roumanie. Mais ce qui frappe dans le pays, à l’inverse, c’est la variété des choses et des gens. Il n’y a pas de paysage type, pas plus que n’existe le Roumain type : la Roumanie est un kaléidoscope de paysages et de gens.
    Lucian Boia
    February 16

    Santier In Lucru

    La drill drible draga
    La drill drible draga et je nage
    Dans les sables de cette isle
    Poc, toc et pac
    Trictrac
    Dans le trafic et mat
    Şantier în lucru
    Qui l’eut cru?
    Grande grue ailée
    Martèle le nouveau visage
    Machiaj de la joyeuse bucur
    Pimpant pimpon tympans
    Tampon ampoule de foule
    Pare-chocs à choc à chaque
    Rue se rue rue ruse
    Tohu-bohu dansant brouhaha
    Foudroyant poudroyant
    Nous sommes bien vivants
    Hobbies iubi doux
     
    Oui Draga!
    Aujourd’hui et demain
    Drible la drill draga
    Et les nuées de poussières
    Que tu éponges tous les soirs sur ton visage
    Ne sont-ils pas d’autres rêves à l’abordage?
    February 07

    Qu'est-ce qu'une atopie ?

    Dans le domaine de la médecine, une atopie désigne certaines manifestations morbides allergiques locales survenant de manière apparemment spontanée chez un sujet prédisposé.
     
    Il semblerait que le mot Atopie provienne du grec:  a- (sans) et topo- (lieu) et signifierait «sans lieu».  Cependant, il existe une autre acception qui semble être liée cette fois-ci au concept d'utopie. Qu'est-ce qu'une atopie ?
     
    Pour l'instant, je ne peux m'expliquer ce flou conceptuel...